Rendez-vous était donné à l’ Intermarché d’ Amancy /La Roche-sur-Foron pour 8h45-9h ; une heure raisonnable pour laisser le temps à tous nos motards venus des quatre coins du Département d’arriver frais et dispo.
Il était moins une mais les 12 motos ont démarré à moins deux , direction Bonneville, Cluses, Sallanches et Passy. Nous suivons l’Arve en passant par le joli village montagnard de Servoz puis les Houches, commune bien connue pour son parc zoologique, le Parc Merlet, spécialisé dans la faune des Alpes.
De là, nous profitons d’un beau point de vue sur notre majestueux Mont-Blanc, dans son écrin de neige.
Nous voilà enfin arrivés à Chamonix où nous prenons le temps d’une petite pause au Bar Restaurant « La Crèmerie des Aiguilles »
La matinée est idéale, la canicule étant devenue moins pesante avec des nuits un peu plus fraîche que les semaines précédentes. La gente féminine (MAIS pas que...) s’en donne à cœur joie pour porter les jolis Chapeaux de paille de la crèmerie, tout en dégustant leur café/croissants.
Nous enfourchons ensuite nos bécanes pour le Col des Montets ( 1'461 m) entre Argentière et Vallorcine. Puis nous voici à la frontière Suisse « Le Chatelard », direction le Col de la Forclaz - dans la vallée du Trient - qui n’a rien à voir bien sûr avec notre col Haut-Savoyard de Talloires-Montmin.
Un peu d’histoire à propos des fortifications de cette vallée du Trient :
Le dispositif fortifié de la vallée comporte une quinzaine de fortifications, réparties en 4 positions de barrages échelonnées entre la frontière Franco-Suisse et le col de la Forclaz.
Toutes ces fortifications sont tournées face à l’ouest, pour prévenir une tentative d’invasion du « Réduit Alpin » (Valais) depuis la France.
Entre juin 1940 et 1944, les Nazis ont élaboré de tels plans d’invasion du Réduit national helvétique, sous le nom de code de « Opération Tannenbaum ». Le pivot central de ce dispositif est la forteresse de Saint-Maurice qui constitue l’un des trois principaux môles (abris) de la défense nationale suisse, avec le Gothard (au centre du pays) et la région de Sargans (à l’est, sur le Rhin). En tout, la Suisse compte plus de 21'000 fortifications modernes pour seulement 41'000 Km2.
Le Col de Champex sera le dernier col de la matinée. Il nous mènera jusqu’à l’Hôtel Restaurant du Crêt, situé à Bourg-Saint-Pierre dans le Valais Suisse, sur la route du col du Grand-Saint-Bernard. Les 138 km déroulés sans encombre nous ont ouvert l’appétit et nous profitons d’un excellent repas.
Une pause déjeuner est toujours bénéfique et nous sommes donc prêts à repartir direction le barrage et le lac des Toules que nous longeront juste avant de gravir le célèbre col du Grand-Saint-Bernard qui culmine à 2'470 mètres.
A une telle altitude le fond de l’air est frais, pas besoin de se débarrasser des blousons pour s’acquitter de la traditionnelle photo de groupe. Photo où nous apercevons en arrière-plan l’Hospice du Grand-Saint-Bernard, sachant que la célèbre Statue est bien toujours là (c’est juste qu’elle ne rentre pas dans le cadre).
C’est dans la descente du col que la chaleur va tout doucement nous rattraper. Tout au long des 51 km qui nous mènerons à Aoste, nous faisons chemin avec quelques passionnés de Vespa, pressés de rejoindre l’Italie. Pays emblématique de cette marque iconique représentant la liberté et l’émancipation, tout en associant un style « Made in Italy » distinctif et une technologie de pointe pour l’époque d’après-guerre.
C’est à Aoste que la chaleur devient pesante et nous rappelle que nous sommes à mi-juillet. Après quelques difficultés pour parquer nos douze motos, la fatigue aidant (la descente ne nous a pas épargné « un chapelet » d’épingles, normal pour un Grand-Saint-Bernard), rendez-vous est pris pour se retrouver à 18h15.
Notre petit groupe se sépare mais tous n’ont envie que d’une chose, s’installer à l’ombre pour prendre un verre ou déguster une bonne glace italienne…
…Mais aussi flâner dans les ruelles touristiques et admirer la « Porta Praetoria », porte romaine construite vers 25 av. J.-C. et préservée de la dégradation car intégrée aux bâtiments environnants de cette vieille ville d’Aoste.
Notre première journée est presque bouclée, nous filons 5 km plus loin pour rejoindre l’Hôtel Diana à Pollein. Merci à Jean-Christophe notre organisateur qui a trouvé hôtel et restaurant à deux pas l’un de l’autre, nous permettant ainsi une bonne douche sans avoir le soucis d’enfiler à nouveau nos « cuirasses motardes ».
C’est donc délassés de nos 194 km, que nous avons fini cette journée dans la joie et la bonne humeur au restaurant « Agroturismo La Reina ».
Petit aparté pour Bruno : Connaissez-vous l’expression « Il fait un vent à décorner les bœufs ».
Réponse : « Selon une explication populaire liée à l'élevage, les paysans choisissaient les jours de grand vent pour pratiquer l'écornage (retirer les cornes) des bêtes. Le vent fort empêchait les mouches de s'approcher des plaies fraîches, ce qui évitait les infections et favorisait la cicatrisation. L'expression signifiait donc au départ qu'il faisait le temps idéal pour décorner les bœufs ».
Retour à l’hôtel pour une bonne nuit de récupération…excepté pour les amoureux du Foot qui ont encore le courage de regarder la "petite finale", il est tout de même 23h (17h heure locale au Hard Rock Stadium de Miami…Pour le résultat tout le monde connaît la suite .
Dimanche matin, départ prévu pour 8h45, lève-tôt ou marmotte, chacun descend à son rythme pour prendre son petit-déjeuner. Salé, sucré , «espresso» ou «caffé lungo» pour les plus réticents au café corsé, il ne manque rien.
Puis il est temps de chevaucher nos bécanes, chacun s’équipe et les moteurs vrombissent, quand tout à coup, tout s’arrête. Régis se débat pour démarrer sa monture mais la batterie ne veut rien savoir. Les techniciens de l’équipe se mettent à pied d’œuvre pour trouver une solution. Il est vrai qu’avec un 1300 on ne peut malheureusement pas compter sur un démarrage « à la poussette ». De son côté, la réceptionniste de l’Hôtel n’hésite pas à appeler son ami pour nous apporter, au pied levé, une paire de câble.
Rien n’y fait, il est grand temps de partir et nous n’avons d’autre choix que d’abandonner Régis à son propre sort, occupé à téléphoner aux assurances, motocistes et autres assistances pour régler son problème récurrent de batteries.
Le restaurant est prévenu et la patronne accepte gentiment notre arrivée tardive. Il va falloir se « cracher dans les mains » pour remonter le temps et parcourir le « colle San Carlo » et le col du Petit-Saint-Bernard, totalisant 119 km.
Hélas, dès notre départ de l’ Hôtel, les nombreuses boîtes orange valdotaines sur le bord de la route nous rappellent que nous ne sommes ni sur circuit, ni en courses de côte. La prudence est de mise, la « Polizia Stradale » vieille aux débordements.
C’est donc avec sagesse que nous passons la « cascata di Lenteney » alimentée par les glaciers du groupe du Paramont et le Glacier du Ruitor. Peu après, nous prenons le Colle San Carlo, direction La Thuile où nous faisons une petite halte pour refroidir les moteurs et squatter les toilettes du Bar « Lo Riondet » .
Mais la route est encore longue pour rejoindre le Col du Méraillet sur la commune de Beaufort où la restauratrice nous attend patiemment. Il nous faut maintenant nous lancer à l’assaut du col du Petit-Saint-Bernard.
A mi-juillet la saison estivale bat son plein et nous sommes loin d’être les seuls sur la route. Automobilistes en tous genres, cyclistes et randonneurs semblent s’être tous donnés rendez-vous dans ce col mythique. Situé à une altitude, certes plus modeste que son homologue le Grand-Saint-Bernard ( 2'188 mètres contre 2'470 mètres), il fait frontière entre l'Italie (Vallée d’Aoste) et la France (Haute Tarentaise en Savoie).
Le « Petit-Saint-Bernard» a aussi son hospice, fondé au XIe siècle par saint Bernard de Menthon. Son rôle était de protéger contre les brigands et le climat rude, les pèlerins, marchands et soldats traversant les Alpes. Les célèbres chiens Saint-Bernard aidaient aux recherches et guidaient les égarés dans la neige. L'édifice appartient à la fois au Conseil départemental de la Savoie et à la Région autonome du Val d'Aoste, symbolisant l'union entre les deux territoires.
Cet hospice anciennement italien est devenu français en 1860, date du rattachement de la Savoie à la France.
Mais revenons-en à nos motards pour qui il reste une cinquantaine de kilomètres à s’avaler avant de pouvoir s’installer sur la magnifique terrasse panoramique du Chalet de Roselend.
Les innombrables lacets de la descente du Petit-Saint-Bernard nous conduisent à Séez, belvédère nous offrant une vue magnifique sur la vallée de la Tarentaise.
Encore quelques kilomètres et nous découvrons enfin le lac de Roselend ainsi que la chapelle construite deux ans après la mise en eau du barrage le 6 mai 1960. Chapelle qui perpétue le souvenir du village englouti.
Heureux de s’installer en terrasse pour admirer le lac et ses eaux turquoises, nous savourons un apéro bien mérité et dégustons assiettes de charcuterie-fromages, tartiflettes, et traditionnelles tartelettes aux myrtilles.
Dernière photo de groupe et déjà les premiers au revoir pour ceux qui quitteront la joyeuse troupe après le col des saisies destinations Saint-Jorioz, Rumilly et Chambéry.
Les trois équipages seront encore avec nous pour passer le col du Pré (ou le « Praz », prononcé « Pra » et issu de l’arpitan (ou franco-provençal). Langue régionale historiquement parlée en Savoie, en Haute-Savoie, en Suisse romande et dans le Val d'Aoste.
Nous franchissons Beaufort puis le col des Saisies à 1'650 mètres et c’est là que nos routes se séparent.
Enfin, après une trentaine de kilomètres, le restant du groupe se fait un dernier arrêt au col des Aravis, histoire de finir sur un moment de convivialité. Ce qui nous laissera à tous l’envie de partager un nouveau périple aussi inoubliable que ce fameux Tour du Mont-Blanc 2026.
Un grand merci à notre organisateur Jean-Christophe et Ghislaine, aux serre fil Benoît, Stéphane, Charly et Jean qui avec Catherine ont également fait des arrêts surprise pour offrir à chaque équipage une photo souvenir.
De mon côté, un merci tout particulier à Anne-Marie et Alain qui ont partagé leur fond de dentifrice avec l’étourdie que je suis. Merci également à Jack pour son bon conseil quant aux porte-clés à ressort rétractable pour éviter d’oublier ses clefs de moto sur le Top Case.